Prospérité ! L’illustre Bienheureux est vainqueur !
Depuis le camp de Kāñcīpura :
Grand Roi de la famille des Pallava, qui appartiennent au gotra de Bharadvāja,
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petit-fils du grand roi Śrī-Mahendravikramavarman, qui dut à son propre héroïsme la possession de son royaume, dont on honora la puissance et le succès, dont la majesté fit plier le cercle des rois, Gardien du Monde du Milieu, le cinquième Gardien du monde, qui montra une extrême piété ;
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Fils de Parameśvaravarman, qu’illustra la gloire d’avoir remporté la victoire dans de nombreux combats, qui assura le respect de toutes les lois conformément aux prescriptions, qui respecta l’Ordre, être infiniment magnanime qui accomplit selon les rites plus d’un sacrifice, notamment le sacrifice du cheval, qui se montra sincère dans ses vœux et révéla un esprit enclin au dharma, qui par sa grandeur fut comparable à Mahendra ;
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fils de Śrī-Mahendravikramavarman, qui honora les dieux, les brahmanes, les maîtres et les anciens, qui pratiqua la plus sévère discipline, qui, par de multiples dons, notamment de vaches, d’or et de terres, augmenta de jour en jour son capital dharmique;
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Śrī-Narasiṃhavarman, dont la réelle dévotion envers le Bienheureux procure à tous la prospérité, qu’un vœu sincère pour toujours consacre au bonheur et à la sécurité de ses sujets, qui, à chaque instant, est prêt à soutenir le dharma que ruinent les péchés de l’âge Kali, héros unique sur la surface de la Terre par l’héroïsme qu’il produit dans la mêlée, au cours de nombreux combats, qui souhaite conquérir l’ensemble des vertus des sages royaux, qui se montre un sectateur passionné du Bienheureux, un sectateur passionné de Maheśvara, qui fait preuve d’une extrême piété, qui offre sa dévotion aux pieds de son père, l’illustre seigneur,
adresse aux villageois du village nommé Reyūru, au nord d’Asiddhapura, dans le Muṇḍa-rāṣṭra occidental, l’ordre suivant :
Ce village, nous en faisons donation, à titre de brahmadeya, au petit-fils de Kūḷaśarman, habitant de Kuravaśrī, appartenant au gotra Rāthitara et au sūtra Āpastamba, expert en deux Veda, connaissant les Veda, Vedâṅga, Itihāsa et Purāṇa dans leur vérité, au fils de Kumāraśarman, expert en deux Veda - à Kumāramaṇḍaśarman, un sacrificateur de soma expert en deux Veda qui se livre constamment à la récitation personnelle - pour l’accroissement de la durée de notre vie, celui de notre vigueur, de nos victoires et de notre empire, en la douzième année de notre règne de victoire grandissante, le jour de la pleine lune de Vaiśākha, à l’occasion d’une éclipse de la lune.
Qu’en prennent connaissance tous les amātya, avec les karaṇa, ainsi que tous les niyogaka et rāja-vallabha, et qu’au cours de leurs tournées ils observent toutes les exemptions fiscales qui affectent ce terrain.
Quiconque transgresse ce commandement est un criminel qui encourt un châtiment corporel.
Il y a, à ce propos, les stances suivantes :
Le fils illustre de Somāditya,
Le souverain de Nandakuṟṟa,
Est l’exécuteur de ce commandement
- Lui qui possède la majesté de Rājāditya,
Comme la chaleur ardente du soleilIl y a un jeu de mots intraduisible portant à la fois sur pratāpavān ("pourvu de majesté" ou "pourvu de chaleur brûlante") et sur le nom propre rājāditya, qui signifie aussi "le soleil roi". Si on en juge par le nom de son père, Somāditya, ce Rājāditya doit être un membre illustre de la famille du souverain de Nandakuṟṟa - peut-être son grand-père, comme le suggère P.B. Desai 1957 (EI), p. 93, n. 6. P.B. Desai considère par ailleurs le composé nandakuṟṟa-nṛpêśvara- comme un karmadhāraya (litt. "Īśvara, qui est le souverain de Nandakuṟṟa"), interprétation qui fournit le nom de l’ājñāpti; mais dans la stance analogue des tablettes de Parameśvaravarman, à Gunna Guravapāḷem, le terme –nṛpêśvara-, en second élément de composé après le même toponyme, ne peut être qu’un titre, puisque celui qui le porte est nommé au pāda suivant (Kuḷavarman). Il est donc préférable de ne voir dans ce mot qu’un titre emphatique (litt. "seigneur des rois"), dont la mention, associée à celle de la région qu’il gouverne, peut suffire à désigner le porteur..
Il y a des stances à ce propos :
CarOu bien: "Or...". le bien d’un brahmane est un terrible poison
- Ce n’est pas le poison qu’on appelle poison :
Le poison tue un seul homme
- Le bien d’un brahmane tue le fils et le petit-fils.
Donnée par soi ou donnée par autrui,
Quiconque s’approprie une terre,
Pour soixante milliers d’années
Dans la fiente naît vers de terre.
Beaucoup ont donné une terre,
Et beaucoup l’ont préservée ;
A qui va la terre
De même va le fruit.